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Hot Fuzz

La Grande-Bretagne vit actuellement une révolution créatrice, que ce soit  à travers ses séries comme Doctor Who, Hyde, ou le magnifique Life on mars ou avec sa cinématographie qui témoigne aussi de cet élan avec des titres comme Isolation, The Descent et Shawn of the Dead

image filmLes liens entre la télévision anglaise et le cinéma sont d’autant plus forts que certains de ces films sont produits par la télévision, comme Isolation, ou sont l’œuvre de personnes ayant travaillé pour celle-ci, comme l’équipe de Shawn of the Dead et Hot Fuzz. L’exemple de ces créateurs est à retenir car il démontre que l’argent n’est pas un frein à la création, remettant en cause les larmoiements de nos productions de fiction française.

Fans d’œuvres made in Britain, c’était avec une attente non feinte que nous attendions le film d’Edward Wright et Simon Pegg qui avaient enthousiasmé leur monde en réinventant le film de zombies. Hot Fuzz sera du même acabit que son illustre aîné ?

Je ne vais pas faire durer le suspens, la réponse est oui, car Hot Fuzz est une réussite du genre, à ranger à côté du mètre étalon de la parodie, le Frankenstein Junior de Mel Brooks

Hot Fuzz reprend le schéma du « buddy movie » popularisé par des films comme l’Arme fatale de Richard Donner qui mettent en scène un couple de flics que tout oppose. Dans le film, le duo est formé par Nicolas Angel et Danny Butterman. Le premier est un flic de choc, renvoyé de la capitale dans un charmant village anglais, le second est policier dans ce même charmant village et s’ennuie à mourir en rêvant à la vie trépidante des flics de ses films préférés : Bad Boys 2 et Point Break.
Ces deux flics vont avoir à faire à une série de morts violentes qui vont se révéler pas aussi accidentelles qu’elles en ont l’air. Mais comment convaincre la charmante population du village le plus tranquille d’Angleterre qu’une triste machination se prépare ?


Hot Fuzz ou Hot Shots ?

Les créateurs de Hot Fuzz ont compris une chose primordiale : une excellente comédie est avant tout un bon film.
image film Le film réalisé par Edgar Wright est particulièrement soigné du point de vue de la réalisation avec un excellent scénario qui est bien supérieur à nombre de films d’action contemporains. La direction des acteurs est de grande qualité : nous avons un plaisir non dissimulé à revoir des trognes comme celle de Timothy Dalton qui est particulièrement inspiré dans le rôle d’un directeur de supermarché véreux. (Timothy Dalton qui joue bien tient du miracle !!!! Voir les James Bond et le Flash Gordon des années 80 pour les plus masos d’entre vous !!!)
La grande force du film est surtout de ne jamais se moquer de ses personnages contrairement à beaucoup de comédies américaines se finissant le plus souvent par « movie », sans les citer.
Dans le film, les références sont intégrées à l’histoire, comme le vibrant hommage du policier Butterman aux films Point Break et Bad Boys 2.  Wright et Pegg entreprennent les scènes-clefs : nous retrouvons la scène où les héros se procurent la lourde artillerie. Mais comment faire dans une Angleterre rurale ? L’équipe du film nous apporte la réponse avec un paysan fanatique d’armes, au patois totalement incompréhensible, qui ne cesse de jouer avec une mine maritime prête à exploser. Cette scène hilarante au demeurant est révélatrice du film; les auteurs grâce à ce passage parviennent à intégrer dans son histoire une situation du genre qu’ils parodient normalement impossible pour un policier désarmé et œuvrant dans notre bonne vieille Angleterre profonde.
Le film intègre ainsi parfaitement une culture purement british. C’est ce décalage permanent entre le village bien paisible et les situations tout droit héritées de Deux flics à Miami, qui est le moteur du comique dans le film. La première partie est anglaise avec un inspecteur qui possède un calepin pour seule arme puis le film s’accélère pour un final dantesque dans la tradition des films d’action américains.


Geek Power

image film
Hot fuzz est une ode magnifique à toute une partie du cinoche d’exploitation, au plaisir coupable ressenti devant des œuvres aussi peu recommandables que le Commando de notre gouverneur américain préféré Arnold Schwarzenegger.
Mais cette déclaration d’amour n’est jamais gratuite ou facile comme dans bon nombre de films américains qui voient surtoutdans les publics de passionnés de futurs revenus financiers.
Ici, cette passion pour toute une contre-culture devient  le moteur même du récit comme dans leur précédente réalisation.
Dans Shawn of the Dead nos personnages réagissaient à l’invasion de zombies grâce à leurs connaissances acquises que le dessoudage de ces créatures entrevu dans les œuvres George Romero.
L’utilisation de  la culture geek est encore plus brillante dans ce nouvel opus. Elle est perçue comme un moyen cathartique de lutter contre une société ennuyeuse, renfermée sur elle-même. Ce petit village, avec toutes ses caméras et ses habitants atteints d’un virus sécuritaire, est beaucoup plus dangereux que nos héros qui s’apparentent aux personnages des films d’action. N’est-ce pas cet amour de toute une cinématographie qui permet à l’agent Dany Butterman de se dépasser ? Sans révéler l’intrigue, leurs adversaires se servent du conformisme pour imposer leur loi.  La culture geek n’est plus vue comme une aliénation sociale mais comme une libération du conformisme ambiant, de l’ennui et du vide engendré par nos sociétés occidentales. Hot Fuzz est une ode à l’imagination, à l’univers fictionnel comme rempart à cette aliénation sociale.


Conclusion

Le film n’est pas donc pas une comédie comme les autres, mais un film brillant parfaitement mis en scène qui vous apportera beaucoup de plaisir, sans jamais se moquer de ses spectateurs ni de ses personnages. Et c’est une gageure dans une époque où les émissions de télé réalité ont transformé nos téléviseurs en écrans de laboratoires pour rats décérébrés. Merci à cette fine équipe et GOD SAVE THE QUEEN !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!



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