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Alex Kidd In Miracle World

Si pour nombre d’adeptes de Nintendo, Super Mario Bros reste la figure emblématique de la firme nippone, Alex Kidd a été, jusqu’à l’avènement d’un certain hérisson bleu, le porte-étendard de sa firme concurrente Sega. À l’époque, pas de Sony ou de Microsoft, deux marques seulement dominaient le marché avec des partisans qui s’affrontaient violemment.
Si Nintendo offrait avec sa console les jeux Duck Hunt et Super Mario Bros, son concurrent proposait aux heureux utilisateurs de la Master System (à partir de 1990) le jeu Alex Kidd In Miracle World.
Pour de nombreux utilisateurs de Master System, Alex Kidd fut un dépucelage vidéoludique. Comme dans la vraie vie pourtant, il faut parfois éviter de revoir d’anciennes copines du lycée, les souvenirs peuvent être trompeurs !

image alexUne histoire de clan

En 1986 Nintendo rencontrait déjà un grand succès, tandis que Sega était à la recherche d’un titre emblématique, fédérateur, avec un personnage qui pourrait cristalliser la marque et lui façonner une identité. Parmi ses jeux disponibles, la Master System comptait de nombreuses adaptations de succès d’arcade (Shinobi, Space Harrier…) pas toujours réussies. Sega se devait de lancer un nouveau héros censé rivaliser avec le plombier concurrent dans le domaine du jeu de plateforme.  Son nom : Alex Kidd.
Alex Kidd prend les traits d’un jeune garçon en lutte contre l’empereur Janken qui veut envahir la paisible cité de Radaxian. Après 7 ans d’entraînement sur le mont Eternal où il a développé une technique avec son poing droit qui lui permet d’éradiquer ses vils ennemis, il est happé dans une aventure qui le mènera à traverser différents mondes. Dans cet univers, il affrontera les sbires de l’empereur à coups de Janken, qui est l’appellation japonaise du célèbre jeu :  pierre, ciseaux, papier.

Il est intéressant de noter qu’ici, à la différence de Nintendo, Sega essaye d’inscrire son personnage dans un background en reprenant certains éléments du jeu d’aventure, avec par exemple la présentation d’une carte à chaque fin de niveau.  

image alex2Un monde en couleurs

La première chose qui frappe lorsque l’on joue à Alex Kidd, ce sont ses couleurs, le jeu est très « flashy ». Il ne faut pas oublier que la Master System, du point de vue de son Hardware, avait des capacités bien supérieures à la NES en termes de définition d’images et de couleurs.

Seule sa mémoire vidéo l’handicapait.  


Les graphismes sont fins, il n’y a pas ici ce flou emblématique de la NES. Néanmoins, on peut noter des décors relativement vides (la faible mémoire vidéo ?), même s’ils ont le mérite de se renouveler tout le long du jeu.

La maniabilité du jeu ne rivalise pas avec celle de Mario (Nintendo est le maître en la matière !), Alex Kidd répond lentement aux commandes du joueur. Mais pour ceux qui maîtrisaient cette latence, la maniabilité était loin d’être catastrophique et ne pouvait être tenue pour responsable du « game over ».

Trois vies sinon rien

image alex kiddLa mort est un point essentiel du jeu Alex Kidd. En effet, votre petit personnage ne compte que 3 vies et je peux vous dire qu’elles valent très cher ! Alex Kidd est un jeu difficile, pas de « continu » ni même de champignons, vous devez maîtriser parfaitement le jeu, connaître ses moindres recoins pour vous en sortir. Finir Alex Kidd c’est comme trouver le Graal, ou sortir avec la cheerleader au lycée (on ne dit plus pom-pom girl depuis Heroes sur TF1 !) : c’est un grand moment de fierté lors duquel vous vous sentirez capable de tous les miracles ! In Miracle World, bien sûr !

Pour faciliter votre trajet à travers ce monde, vous emprunterez des véhicules (moto, hélico…) qui vous permettront de passer les différents niveaux à vitesse grand V. L’usage de ces véhicules n’est pas de tout repos, les programmeurs ayant truffé le jeu de Smarties (qu’ils ont dû consommer en grandes quantités au vu des couleurs présentes dans le jeu !) qui ont tendance à vous désarçonner.  

Alex Kidd est donc un jeu agréable graphiquement, bien difficile, et avec une solide durée de vie. Pourtant, le personnage d’Alex Kidd a été remplacé quelques années plus tard par un hérisson bleu et a fini ses pauvres jours comme vendeur de vidéoclub dans le barré Segagaga sur Dreamcast.
Pourquoi Alex Kidd a-t-il connu cette triste destinée ?

Avec le temps

image Alex Kidd 4Alex Kidd a connu de nombreuses déclinaisons chez Sega (The lost stars, The Shinobi World) ; pour autant Alex Kidd in Miracle World est celui qui a le plus touché le cœur des joueurs.  
Cependant, malgré son titre évocateur, The Miracle World est loin de la réussite d’un Mario. Ce n’est pas un problème technique, c’est autre chose. Il manque au jeu un certain Miyamoto, un créatif capable de dépasser les pixels pour offrir une vision et un univers uniques. Alex Kidd est un jeu varié, haletant, mais il n’a pas la magie des sagas de Nintendo, ni leur cohérence.
Ainsi, les divers ennemis du jeu ne semblent jamais liés : une pieuvre, un aigle ou encore un personnage à tête en forme de main. L’univers de Mario, au contraire, a une certaine unité avec ses champignons et son château féerique. Alex Kidd présente des décors bien réalisés, mais qui ne participent pas à l’aventure. Les actions des personnages du jeu sont horriblement cryptées, la vie en semble absente. Avec Mario, la force de Miyamoto est d’utiliser l’enlèvement d’une princesse et de construire autour un monde avec sa propre logique, alors qu’Alex Kidd, en empruntant ici et là (scénario sous influence Toriyama…), n’arrive pas à former un tout qui lui permettrait d’être un chef-d’œuvre. Sonic a pris sa place, car ce jeu réussit à présenter un monde cohérent avec ses propres codes, un ennemi reconnaissable (Robotnik) et une maniabilité originale. Sonic et Mario possèdent chacun leur univers singulier, à la différence d’Alex Kidd.

Conclusion

Alex Kidd In Miracle World a marqué l’inconscient de nombreux joueurs jeunes à cette époque : décors variés, difficulté enivrante (ou déprimante !), véhicules divers à commander ! Sans atteindre la qualité de Mickey Castle of illusion ou Sonic The Hedgehog, Alex Kidd est l‘un des meilleurs jeux créés sur Master System. Néanmoins, le proposer comme rival à Super Mario a peut-être été une mission un peu trop lourde à porter.



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